Prélude : concernant les réactions à cet article.
Suite à des plaintes et des réactions parfois violentes, je modifie certaines parties de ce texte.
Merci tout de même à tout ceux qui réagissent sur, ce qui reste, MA vision d'un concert décevant, je respecte ceux qui sont fans et ceux qui ont adoré, même si ici, je n'ai pas complètement compris l'enthousiasme de certains.
Introduction
A l'occasion du concert de la mythique chanteuse de Fugees à l'Olympia, le blog fait son retour. Cet article est ...
compliqué à écrire parce qu'il y a beaucoup de choses à dire. Mon point de vue
sera subjectif mais avec l'esprit le plus ouvert possible. Pour resituer les choses, je ne suis pas un fan de Lauryn Hill qui colle ses photos et posters
partout. Elle représente cependant, pour moi, une des plus grandes artistes de
l'histoire. Et je suis pris de frissons encore aujourd'hui, en vous écrivant,
quand j'écoute son album. Mon avis est aussi guidé par les personnes présentes
à mes côtés lors du concert. Certaines seront peut-être citées, les autres se reconnaîtront.
16 avril 2012 : Ms. Lauryn Hill
Rendez-vous avec la légende
Les dernières marches avant de sortir du métro. 3, 2, 1...
L'Opéra Garnier dans
le dos, le chemin est connu. A Droite toute direction l'Olympia. La route à peine traversée, le
marché noir pour les billets est déjà en place, nerveux. Cherche place / Vend
place. Premier rappel qu'il ne s'agit pas de n'importe qui ce soir. Sur les 300
mètres qui nous séparent de l'Olympia, les coupes afros, les locks, les sourires, la tension sont tous
visibles. Le temps de récupérer les billets, et de prendre la
mythique façade en photo, j'entends : "Place : 150 €uros".
Excités, nous passons la sécurité, nous faisons guider vers nos places dans
une ambiance boite de nuit old-shool assurée par des DJs heureux d'être là pour chauffer le
public. L'ambiance est bonne, très bonne, et on s'y mêle, on danse, on a hâte,
on tient plus donc on danse.
20h30, heure annoncée pour le début du concert.
Le DJ de Lauryn Hill se
met en place, chauffe la salle encore un peu, mais surtout fait gagner du temps
à toute l'équipe en retard.
21h30. Les musiciens prennent doucement le relais sur le DJ dans une
transition intelligente... puis la voix de
Lauryn Hill dans
les coulisses, elle chante. Le public crie, l'excitation fait exploser la salle
ou se transforme en émotion pour les autres. A ma gauche, celle qui
m'accompagne a les yeux humides : "Elle chante trop bien...". On est
tous rassurés, la peur d'avoir à faire à un concert raté, comme certains de Whitney Houston, s'évapore.
Oui, elle chante très bien. La soirée va être mythique...
... mythique...
Le concert: l'incompréhension.
Elle arrive sur scène dans une ambiance de folie. Le premier titre est
lâché. La voix est au rendez-vous, elle assure, et fait preuve de ce qu'on
pense au début être du professionnalisme en réglant, un par un, chaque élément
du son, à coup de signes nerveux vers les ingénieurs. Retour, chœurs, basse,
guitare... Retour... basse...micro... RETOUR.... RETOUR!! On sent de
l'exaspération... Ça peut arriver. Tout sera vite réglé.
Tout ne sera pas réglé... à aucun moment. Pas pour elle en tout cas. Elle
passera pratiquement tout le concert à faire des ajustements.
Autre élément troublant... que chante-t-elle? On nous a annoncé Ms. Lauryn Hill Performing From The Miseducation Of
Laureen Hill. Moment de flottement, on se regarde... certains chantent, ils sont très
rares. Pourtant les titres sont bien ceux de l'album...
Mais complètement réarrangés. Je me sens perdu, ma compagne
également, les personnes avec nous aussi... On essaye de chanter, de s'y
retrouver... pas moyen de s'attacher à quoi que ce soit.
Le résultat se voit directement : le public, dans sa globalité je précise,
est amorphe. Regarde la scène, essaye de comprendre. Pendant ce temps, le ballet continue sur scène.
Et là... quelque chose se brise. A l'écoute de l'album, à la vue des vidéos
de ses concerts, on s'attend à quelqu'un de chaleureux, dans le partage, la
douceur, parfois la force, dans l'émotion... voilà : l'émotion. Et on ouvre
doucement les yeux tentant de les garder fermés : On comprend l'ajout du Ms.
devant Lauryn Hill. Celle qu'on a adorée se transforme doucement sous nos yeux
en diva capricieuse [...] .
Elle chante pour elle... elle fait le concert pour elle. L'émotion ne
dépasse pas les enceintes de retour. L'incompréhension est totale.
Je lis un
SMS reçu :
"Un mélange entre Amy Whinehouse et ... n'importe quoi. "
Car oui, les gens
tapent des SMS et commencent doucement à s'ennuyer.
On s'ennuie parce qu'elle ne nous touche pas, parce qu'elle est désagréable,
en arrivant même à dire un agressif : "Chhhhhtttt" au public afin de
régler son retour son.
Les mots pour le public sont le minimum syndical. Je ne suis pas forcément
fan des "THANK YOU" et "I LOVE YOU!" à gogo mais ici, on a
même droit à un "I've missed you..." lancé automatiquement et sans
même daigner de regarder le public auquel elle s'adressait.
Le problème quand on n’est pas éblouis, on voit tous les détails : les
solos improvisés et parfois hors sujet parce qu'elle quitte le micro pour voir
les ingénieurs du son, les choristes peu motivés, les tics nerveux et
quasi-menaçant de Lauryn vers les membres du groupe, les disparitions de scène
pour "changer de tenues" et [...] .
S'attendant à une belle reprise de son album, on se retrouve avec un
concert bruyant et désagréable.
L'ambiance restera bien morne hormis quelques éclats lorsqu'elle reprend le
répertoire de Fugees sans en faire un arrangement bancal.
Au bout d'une heure et demi, dégouté, je commence à regarder l'heure, j'ai
envie de rentrer...
23h30... elle nous libère. Le (trop) généreux public l'applaudit fortement et
en réclame une autre.... pour ma part, seul mon dos regarde la scène. Je suis
triste, énervé, déçu...
Qu'on la laisse en coulisse, je rentre.
Lettres ouvertes
A vous, Ms. Lauryn Hill
Ou plutôt à toi Lauryn. Tu méritais le vouvoiement, tu n'en mérites plus
autant, hélas.
Qui es-tu? Pour qui te prends-tu? Un petit rappel, dans ta
carrière solo, tu n'as fait qu'un album et tu as disparu de la scène. Cet album
était et est toujours mythique. Mais qui es-tu pour te permettre ça?
Un comportement entre Amy Whinehouse et Mariah Carey. Une diva... sauf que
tu n'as rien d'une diva.
Que les choses soient claires : tu as un talent de dingue, un don du ciel,
de Dieu, qu'importe... un PUTAIN de don. Un flow qui n'a d'égal que la beauté
de ta voix. Et ce, même après des années loin de la scène. Tu fais
rêver...
Mais comment tu peux te permettre de faire une telle prestation? On est
venu pour ton album. Donne-le-nous. Avec quelques changement si tu en as marre
de le chanter tel quel... mais pas ça. Tu as détruit tout ce qu'on l'on aimait
dans chacun des titres.
Nerveuse, agressive, égoïste, comment ose-tu détruire l'image qu'on s'est
donné de toi depuis tout ce temps?
300 € pour te rencontrer? Heureusement que je ne suis pas allé jusque-là...
Je n'en aurais pas eu envie.
Que fait ta direction artistique? Que fait ton agent? Que font-ils à part
se faire de l'argent facile?
Je te propose même mes services, l'écoute de quelqu'un qui aime la musique
pourrait te servir.
En rentrant sur scène, tu as le public dans le creux de ta main. Tu peux en
faire un concert mythique... de légende, pour eux, nous. Mais tu en fais une
répèt' égoïste, pour toi, et sur les 75% du concert, tu as été la seule à en
profiter.
Regarde ton public, il te regarde sans te comprendre... mais l'as-tu vu? Le
public est généreux, bien trop... je lui parlerai tout de suite mais pour en
finir avec toi, je ne viendrai plus te voir, même lors d'un festival pour une
apparition gratuite au public. J'ai été déçu... comme beaucoup.
Ce lundi, tu m'as amputé de bien plus que 80€, tu as brisé une image, une
légende. Pour oublier ce concert, "Miss", je vais réécouter l'album de Lauryn
Hill, qui nous a tragiquement quittés dans le mystère le plus complet il y a
quelques années...
... Et un conseil, MISS
Lauryn, avant tes prochains concert, réécoute The Miseducation Of Lauryn Hill,
tu verras, c'était de la musique. Tu devrais t'en inspirer.
R.I.P. Lauryn Hill...
A toi, le public.
Le public français à cette réputation d'être un des meilleurs publics du
Monde. Généreux, bon et con parfois.
N'ayant peut-être pas la chance de voir les artistes aussi souvent qu'aux
States, on se contente de les voir pour être heureux. Or, pour ma part, je ne
suis pas venu pour VOIR Lauryn Hill mais pour l'écouter surtout.
Prenez le temps d'écouter, prenez de la distance, RENDEZ-VOUS COMPTE de ce
que l'on vous offre.
Ce n'est pas parce que vous avez payé 62 à 80€ qu'il faut se forcer à
apprécier. Ce n'est pas parce que Lauryn Hill est une légende et qu'un a un
talent, pour moi, sans égal, qu'il faut tout lui permettre.
J'ai lu des réactions sur Twitter, Facebook et Instagram.
Vous êtes heureux pour quoi? 4 titres sur 2 heures de concert? Vous avez
oublié le larsen? Vous avez oublié son agressivité? [...]
Vous êtes vraiment heureux de ce type de prestation? Je vous ai vu d'en haut,
public de la fosse dont j'envie souvent pour l'ambiance. Vous étiez morts,
amorphes. Interrogateurs.
Oui vous avez sauté sur Fu-gee-la, sur How Many Mics... et après? Vous vous
êtes ennuyé pendant 1h30 sur les 2 heures de concert et vous demandez :
"Une autre! Une autre!" ?
Sincèrement, je suis heureux que vous ayez apprécié le moment et que vous soyez
heureux de financer ce type de spectacle et que vous en redemandiez.... Mais
entre nous prenez plus de distance.
Apprenez à dire : " Putain, je l'adore mais elle abuse ... ".
On trouvera des excuses, c'est un vieil album, elle a voulu le
changer. L’énergie n'est pas passée.
Les Boys II Men on refait leurs classiques et la salle était en FEU pendant
TOUT le concert, pas juste 30 minutes. Et des artistes comme Corneille ou Ben
L'oncle Soul... Allez les voir et vous verrez ce qu' "un concert de
fou" veut dire. J'aurais dépensé 100€ pour un concert de la qualité de ces
deux-là... Mais même gratuitement je n'irai plus à celui de Ms. Lauryn Hill.
Chacun ses gouts... Mais remettez-vous en question :
A part l'avoir VUE, le spectacle était-il à la hauteur du prix de votre place?
La réponse, pour moi, est NON.










